
Ce tableau de Joachim von Sandrart intitulé Le mois de février date du XVIIe s., mais j’ imagine le héros de mon roman Le Festin d’Aglaë ayant pour cadre la Belle Epoque un peu comme lui : grassouillet pour ne pas dire rondouillard, l’oeil pétillant, l’air affable et débonnaire, tout à la joie de ses fourneaux. Réjouir le ventre et la vue de ses convives ( car ses plats sont aussi bons que beaux), tel est le plaisir simple de sa vie. Il coule donc des jours heureux dans son hôtel-restaurant parisien Les Trois-Pralines d’Or, fuyant l’agitation de la vie mondaine. Oui, mais voilà, quand de dangereux malfaiteurs s’emparent de ses petits secrets de fabrique, il est obligé de se lancer dans l’action pour sauver son art et sa liberté.
Ce héros malgré lui, c’est Baptistin Vol-au-Vent. Pour moi, il est le symbole des artistes. En retrait, discret, tout à la joie secrète de sa création, il sort ses griffes quand son art, c’est-à-dire son âme, sa liberté, son être tout entier, est menacé.
J’espère que je vous ai donné l’eau à la bouche…
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